Choisir : oeuvre

Simeon_Nemanja    
    Saint Siméon-Nemanja        

     

 


 

 

Dans le genre de l’hymnographie liturgique, l’acolouthie de Saint Siméon, écrite par Sava à l’instigation de la communauté athonite, inaugure la série des œuvres hymnographiques serbes. Cet office eut un rôle essentiel dans le culte de Saint Siméon et de plusieurs de ses successeurs. 

C’est dans cet office − l’acolouthie (ἀκολουϑία) dédiée à Saint Siméon, texte hymnographique et liturgique à fonction cultuelle − que la sainteté ainsi que la dimension pourrait-on dire idéologique de Nemanja sont plus explicitement affirmées. Cette œuvre, composée selon les règles complexes de ce genre liturgique byzantin, comporte, en l’occurrence, les composantes habituelles : stichère, tropaire, canon, kontakion, oikos et autres. Le modèle que Sava avait suivi pour la composition de cette première œuvre hymnographique serbe est l’acolouthie de Saint Siméon le Stylite.  

Conformément à la tradition liturgique orthodoxe, L’office de Saint Siméon-Nemanja n’est pas une banale glorification du saint ; c’est dans l’esprit de la “latrie” du culte liturgique que s’inscrit sa sémiotique, avec, pour élément “idéologique”, l’idée selon laquelle le charisme du souverain a pour fondement sa vocation pour le service de Dieu et de l’Eglise. Cette acolouthie inaugure la série des œuvres liturgiques élaborées ultérieurement en fonction du culte des saints souverains de la dynastie Némanide et de l’Eglise autocéphale serbe. 

Ce texte liturgique, écrit très probablement en fonction de l’instauration du culte du saint à Studenica, répond, donc, d’abord au besoin d’un culte et n’est pas une simple glorification du type du panégyrique, employé à Byzance pour louer les mérites des empereurs. De même que tous les textes sur Saint Siméon, celui-ci comporte des passages relatifs aux affaires politiques, établissant un rapport causal entre la sainteté et l’art de disposer d’un pouvoir princier.  

Enfin, il faut préciser que la date de composition de L’office de Saint Siméon-Nemanja reste toujours inconnue. Selon Domentijan, le premier biographe de Sava, cet office fut rédigé à l’occasion du premier anniversaire du trépas de Siméon, en 1201. Cette affirmation est confirmée par Teodosije, l’auteur de la deuxième Vie de Saint Sava. Si tel était le cas, il s’agirait là vraisemblablement d’une version réduite des canons et des stichères, accompagnée peut-être seulement de quelques éléments des vêpres. La version intégrale aurait pu être composée à l’occasion de la translation à Studenica en 1207. L’allusion à Studenica dans l’office semble conforter cette hypothèse.

Les manuscrits : La copie la plus ancienne de l’acolouthie de Saint Siméon par Sava est datée du milieu du XIIIe siècle. Cette copie fait partie d’un Ménée, conservé dans les Archives SANU, N° 361. Une copie datée de 1607-1608 est conservée dans la Bibliothèque Nationale "Clément et Méthode" de Sofia, N° 141, une autre, datée du XVIIe siècle, dans le Musée Central d’Histoire et d’Archéologie de Sofia, N° 89.

Les éditions : Une première édition de ce texte, faite d’après le manuscrit du XIIIe siècle, avait été faite en 1871 dans de mauvaises conditions. M. S. Milojević, « Pravilo sv. Simeonu srpskom », Glasnik SUD 32 (1871), p. 149-163. En reprenant cette édition et en publiant une édition critique, Vladimir Ćorović n’avait pu faire beaucoup mieux, car il n’avait pu avoir accès au manuscrit du XIIIe siècle. Sveti Sava, Spisi Sv. Save (éd. crit. V. Ćorović), Belgrade - Sr. Karlovci 1928, p. 176-186 ; D. Bogdanović, Dj. Trifunović, Srbljak I, Belgrade 1970, p. 8-31 (avec trad. serbe).

Etudes : D. Kostić, « Učešće sv. Save u kanonizaciji sv. Simeona », in Svetosavski zbornik I, Belgrade 1936, p. 129-209 ; Dj. Sp. Radojičić, « Jedna pozajmica u najstarijoj srpskoj crkvenoj pesmi (u Savinoj službi Simeonu Nemanji) », Slovo 6-8 (1957), p. 231-235 ; Id., « Iz Savinih pesama posvećenih Simeonu Nemanji », Letopis Matice srpske 386 (1960), p. 382-385 ; Dj. Trifunović, O Srbljaku, Belgrade 1970, p. 271-273.Traductions.

Traductions. En serbe : La première traduction serbe, préparée par Lazar Mirković, est reprise par Dimitrije Bogdanović, à qui l’on doit aussi une traduction intégrale revue et corrigée, Sveti Sava, Sabrani spisi (trad. serbe revue, annotation et introd., D. Bogdanović), Belgrade 1986, p. 121-134. Une nouvelle édition intégrale, avec traduction serbe, a été faite récemment par Tomislav Jovanović. Sveti Sava, Sabrana dela (Œuvres réunies), traduction, introduction, T. Jovanović, Beograd 1998, p. 193-221. Ljiljana Juhas-Georgievska, Sava, sveti, Sabrana dela (Œuvres réunies), Biblioteka Antologija srpske književnosti, vol. n° 1, Beograd  2000, p. 191-204. En anglais : M. Matejić, D. Milivojević, An Anthology of Medieval Serbian Literature in English, Columbus-Ohio 1978, p. 45sq. ; M. Matejić, Biography of  S. Sava, Columbus-Ohio, 1976, p. 95-101.

Boško I. Bojović