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LA MÉMOIRE ET L’IDENTITÉ NATIONALE :

LA MÉMOIRE DE LA GRANDE GUERRE EN SERBIE

par

VOJISLAV PAVLOVIĆ

 

vido

le complexe mémorial sur l’île de Vido

 

La Grande Guerre, dans la mémoire collective serbe, se trouve encadrée par deux événements chargés à la fois d’un fort potentiel émotionnel et d’une importance politique cruciale : les guerres balkaniques et la création du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Ces deux événements ont conditionné l’évolution de l’identité nationale serbe avant et après la Grande Guerre. La lutte pour la libération des Serbes vivant dans l’Empire ottoman a été le socle sur lequel fut bâtie, entre le milieu des années 1880 et 1912, l’identité nationale serbe. L’action nationale, menée à la fois en Macédoine et au Kosovo, et en Serbie proprement dite, a fait sortir la notion de l’identité nationale serbe des cabinets ministériels, dépassant ainsi le cadre des élites belgradoises et permettant à la majorité des Serbes de se l’approprier. L’idée de la libération des co-nationaux en Turquie animait principalement une génération de soldats et d’officiers restée sous les armes pratiquement sans interruption de 1912 à 1919. Or cette longue guerre, qui l’a conduite de Kumanovo à Ljubljana, aboutit à la création d’un nouvel État dépassant non seulement leurs espoirs les plus audacieux, mais encore leur étant parfaitement étranger. Cette création changea également le regard porté sur la Grande Guerre. Désormais il fallait résoudre le dilemme du choix de la guerre dont il fallait préserver la mémoire : celle de l’armée serbe qui souvent luttait contre ses futurs concitoyens, ou celle qui, par les efforts de toutes les nations yougoslaves, avait porté sur les fonts baptismaux l’État commun ? Autrement dit, la mémoire de la Grande Guerre devait-elle s’inscrire dans la continuité de la mémoire serbe, ou s’agissait-il d’un événement unique, fondateur d’une identité nouvelle, yougoslave ?

Ce dilemme dans le regard porté sur la mémoire de la Grande Guerre  sera d’actualité tout au long de la vie de l’État yougoslave. Les différentes réponses, apportées dans le temps par les monuments et les œuvres littéraires, nous permettent d’esquisser une périodisation rapide. Dépourvues de message politique, les années 1920 s’inscrivent dans la continuité de la mémoire serbe. La perspective change résolument – et dans la lecture des faits et dans la représentation du passé – après la création de la Yougoslavie en 1929. Une forte volonté politique, si ce n’est personnelle, du souverain fait en sorte que les jalons d’une idéologie yougoslave sont posés et accompagnés de monuments érigés à la gloire de l’âme yougoslave. La césure imposée par l’avènement d’un autre événement fondateur, la guerre des partisans, portant sur les fonts baptismaux la Yougoslavie communiste, dura jusqu’aux années 1960. L’obligation de se conformer à la nouvelle mouture de l’idéologie yougoslave imposa une relecture de la Grande Guerre. Désormais le soldat serbe était présenté comme le « poilu » – et, qui plus est –, de la première heure, en faveur de la lutte pour l’État commun.

La continuité : la mémoire des poilus

S’inscrivant dans la continuité de la mémoire serbe, les initiatives des années 1920 démontrent d’abord une sincère volonté de témoigner du respect envers le sacrifice des frères d’armes disparus dans la guerre. Les associations de poilus ainsi que le prince régent Alexandre sont à l’origine de la construction de monuments dépourvus de messages politiques. Dès 1917, le prince Alexandre ordonne la construction d’un ossuaire sur le mont Kajmakčalan, à l’endroit où l’armée serbe perça le front ennemi en 1916. En 1922, sur l’île de Vido, à côté de Corfou, la marine yougoslave érige une croix en mémoire des milliers de soldats serbes qui ont succombé à leurs blessures dans cette île grecque, transformée en hôpital de fortune après la retraite d’Albanie. La croix est ornée de l’inscription suivante : « Aux héros immortels, la marine SHS. » En 1922, au pied du mont Avala, un premier monument au soldat inconnu est érigé. Sur place, une pierre tombale existait déjà, posée par l’armée allemande avec l’inscription : « Ein unbekannter serbischer Soldat. » C’est dans ces lieux qu’à l’initiative d’un député serbe est érigée une simple pyramide de pierre. Un obélisque est construit en 1924 dans les environs de Lazarevac pour préserver la mémoire des soldats serbes et notamment celle des caporaux issus du fameux bataillon de Skopje, composé exclusivement de jeunes diplômés serbes. L’association des poilus est à l’origine de la construction d’un ossuaire dans le village de Gučevo commémorant la bataille de la Drina de 1914. L’iconographie y est plus riche avec l’apparition d’un aigle au sommet de l’ossuaire en forme de pyramide. Le caractère serbe du monument est accentué par les armoiries serbes en bas-relief. La présence  du blason serbe témoigne de l’évolution de la gestion mémoriale concrétisée par l’accentuation du caractère serbe des monuments érigés à la fin des années 1920. Le même motif est présent sur le monument de Tekeriš commémorant la bataille de Cer. Il s’agit d’une grande crypte en pierre, construite en 1928 et consacrée le 28 juin 1928, réunissant les restes des soldats serbes et de leurs adversaires de l’époque, les soldats tchèques. En revanche, le monument de Mačkov kamen commémorant la bataille de la Drina de 1914, inauguré en 1929, annonce l’arrivée de la période yougoslave dans la gestion mémoriale. Il s’agit d’un ossuaire en pierre portant l’inscription suivante : « Les Yougoslaves, frères de sang, toutes disputes oubliées, vous jurent l’amour et l’accord, reposez en paix éternelle. »[1]

L’auteur de ces vers, Vojislav Ilić le jeune, est le chantre quasiment officiel du triomphe des armées serbes. Il est sollicité le plus souvent pour traduire en poésie les sentiments supposés être partagés par tous lors des fêtes commémoratives et des célébrations de la victoire. Ses rimes ornent les monuments, par exemple du cimetière serbe à Salonique, tandis que ses vers n’hésitent pas à exalter les prouesses et la sagesse des généraux serbes. Ainsi, il consacra ses poèmes « Le novembre 1914 » et « La Liberté » au général et ministre de la Guerre Petar Pešić. Il consacra ses poèmes aussi au roi Pierre Ier et au régent Alexandre avec les intitulés plus qu’évocateurs : « Vive le roi ! » et « Vive le prince héritier ! ». Il est d’ailleurs le plus cité et le plus représenté dans les manuels scolaires. Cependant ses rimes, aussi populaires qu’elles soient à l’époque, ne résistèrent pas à l’épreuve du temps. En revanche, les poèmes de Milutin Bojić, dont notamment « Le caveau bleu » consacré aux soldats serbes morts des maladies et d’épuisement à l’île de Vido, restent le synonyme du soldat serbe, martyr de la cause nationale. Par leurs qualités intrinsèques et comme témoignage de première main d’un poilu, ses poèmes font partie des plus beaux vers écrits sur la Grande Guerre. Dans son recueil Les poèmes du mal et de l’orgueil, publié en 1917 à Salonique, il exalte le dévouement des soldats tout en croyant fermement en l’utilité et la nécessité du sacrifice personnel au profit de l’intérêt plus large de la société serbe[2]. La prose serbe de l’époque nous a laissé une image plus nuancée de la guerre. La retraite par l’Albanie, le front de Salonique, l’exil sont les thèmes abordés dans les nouvelles de Dragiša Vasić, Milutin Jovanović, Vladimir Stanojević et Veselin Vukićević. Il s’agit des témoignages retraçant avec franchise la longue marche d’une armée en déroute et la vie dans les tranchées. Plus que ces formes brèves parues dans les revues telles que Srpski književni glasnik, les romans de Dragiša Vasić, Crvene magle, voire de Stanislav Krakov, Kroz buru, publiés tous au début des années 1920, ont touché un public plus large. Cependant la production romanesque était bien plus importante pendant les années 1930[3].

Le témoignage le plus important de la continuité de la mémoire serbe a été le roman La Trilogie serbe de Stevan Jakovljević, devenu le symbole même de la Grande Guerre[4]. Jakovljević avait été lui-même un poilu, et il s’est employé à recueillir les témoignages de ses frères d’armes. Soucieux de raconter les événements tels qu’il les a vus et tels qu’ils lui ont été relatés par ses proches et ses connaissances, Jakovljević cherche à s’effacer devant le témoin. Son œuvre connut six éditions depuis la parution du premier volume en 1934 jusqu’en 1941. C’est le plus grand succès de librairie avant la guerre. L’adaptation d’une partie de son œuvre pour le théâtre connut, elle aussi, un véritable succès dans les théâtres belgradois et en province serbe.

Quel est donc le soldat serbe qui, décrit par Jakovljević, connut un tel succès auprès de ses lecteurs ? Le véritable héros de son œuvre, le soldat serbe, est sûrement patriote, mais il ne quitte pas ses champs en chantant la gloire de la nation. Il y va à contrecœur, guidé par le sens du devoir pour défendre la patrie. Le romantisme, qu’il soit patriotique ou guerrier, est complètement absent de son récit. Ses héros souffrent, doutent, compatissent même avec leurs ennemis, ils n’aiment pas cette guerre qui leur est imposée par eux. Jakovljević aime ses héros autant qu’il déteste la guerre. Il trace une image presque parfaite du paysan serbe, taciturne, refusant tout discours inutile, respectant l’homme et non l’autorité de ses officiers, mais surtout ayant une idée claire de l’intérêt national et le sens de l’État. C’est justement cette particularité qui assure la place de Jakovljević dans la continuité de la mémoire serbe. La conscience nationale serbe est, et pour lui et pour ses frères d’armes, indissociable de l’État serbe. Paysan, soldat, électeur, le héros de Jakovljević apporte à l’État commun une forte identité nationale et politique, qui ne laisse aucune place à cette espèce de melting pot yougoslave devenu la politique, voire l’idéologie officielle, après  l’instauration par le roi Alexandre de son régime personnel et la proclamation de la naissance de la Yougoslavie.

Vasa Eskicevic-izlazak srpske vojske na more-1915

Vasa Eškićević, 1915

La mémoire créatrice de l’identité yougoslave

La naissance de l’État yougoslave, voulue par le souverain, modifia aussi la conception de la mémoire de la Grande Guerre. Le roi Alexandre, déjà à l’origine de la construction de la plupart des monuments de la première période, désormais seule autorité du pays, et auréolé par l’image non seulement de libérateur mais surtout d’unificateur, s’employa à remplacer les monuments existants par de nouveaux, mais cette fois-ci porteurs du message yougoslave. À côté de la croix sur l’île de Vido fut conçu de son vivant, mais mis en chantier entre 1936 et 1938, un véritable complexe mémorial suivant le projet de l’architecte Nikola Krasnov. Le tombeau de 1 232 soldats serbes, ainsi que les restes de 1 532 soldats inconnus, sont réunis sous la devise plus qu’éloquente : « La Yougoslavie aux soldats serbes ». La place était même laissée pour les armoiries yougoslaves, posées seulement à la fin du siècle dernier.

L’exemple le plus éclatant de cette nouvelle vision de la mémoire de la Grande Guerre est la construction du mémorial du soldat inconnu à Avala. C’était un projet personnel du souverain, entièrement financé sur ses fonds privés. Symboliquement, la décision était importante à plusieurs niveaux. D’abord, le monument existant était jugé complètement insuffisant pour exprimer le message voulu par le souverain. Qui plus est, à l’endroit choisi, au sommet du mont Avala, se trouvaient les restes de la forteresse médiévale serbe de Žrnovo. La destruction de ce vestige de l’histoire serbe était la preuve absolue de la volonté du souverain d’effectuer une césure définitive dans la mémoire collective. Le choix de l’artiste, capable d’exprimer le message voulu par le souverain, était aussi significatif : Ivan Meštrović, Croate et sécessionniste viennois, était appelé à exprimer le message yougoslave au sein d’une société serbe conservative et orthodoxe. Déjà la réception de la précédente œuvre, faite par Meštrović pour la société serbe, était tout sauf concluante. Après la victoire serbe dans les guerres balkaniques, la municipalité de Belgrade avait commandé à Meštrović une fontaine monumentale consacrée à cet événement. Meštrović ne put terminer que la statue du Pobednik (Vainqueur) avant le commencement de la Grande Guerre. Le projet était réactualisé à l’occasion de la célébration du dixième anniversaire de la percée du front de Salonique. La statue était érigée sur la place principale de Belgrade. Or la société serbe fut horrifiée par cette statue nue haute de 14 m. La bonne société belgradoise exigea et obtint que la statue soit déplacée sur la forteresse de Kalemegdan. On reprocha également à l’œuvre de Meštrović son caractère impersonnel. Ce n’était pas un vainqueur allégorique que souhaitaient voir les bourgeois belgradois, mais un vainqueur serbe. Malgré, donc, les difficultés dans la réception de l’art de Meštrović, il était sollicité par le roi à imaginer ce panthéon allégorique de l’identité yougoslave qui devait être le monument du soldat inconnu.

Pobednik na Kalemegdanu

la statue du Pobednik (Vainqueur)

Le choix de l’endroit n’était pas non plus dû au hasard. Le fait qu’il soit déplacé hors de Belgrade, signifiait qu’il devait s’affranchir d’un contexte urbain jugé trop marqué par sa nature serbe. De cette façon, le monument était éloigné de tout symbole de l’identité nationale serbe représenté par la capitale. La volonté de placer le monument dans un environnement naturel voulait démontrer l’enracinement de l’identité yougoslave dans la nature, précédant toutes les divisions entre les « tribus yougoslaves » apportées par l’histoire. L’orientation, sur l’axe est-ouest, traduisait l’idée d’une Yougoslavie qui se considérait comme appartenant aux deux pôles, tout en effectuant leur amalgame dans sa propre identité culturelle. La création d’une identité propre s’effectuait dans un processus complexe où les valeurs européennes, tout en étant intégrées dans la nouvelle identité, servaient aussi comme marques d’une authenticité propre à l’espace yougoslave. La complexité idéologique de l’édifice était montrée aussi par la nette volonté de démontrer l’adhésion de la population voisine au projet de sa construction. Les paysans des villages des alentours furent conviés à la consécration des fondements du monument par le roi. À l’occasion, la messe était célébrée par le prêtre de la paroisse voisine. Les liens unissant donc le roi, les paysans et la nature étaient la base sur laquelle reposait l’image de la seule dynastie authentique dans les Balkans. Cet enracinement profond de la dynastie régnante était en opposition aux nationalismes ambiants des élites serbes et croates. Le souverain apparaissant le plus souvent en uniforme soulignait l’importance de l’armée comme l’autre élément clé de la cohésion nationale. C’est pourquoi le rôle important joué par l’armée dans la construction du monument était mis en exergue. Dans cette naissante idéologie yougoslave, l’armée était censée non seulement préparer pour la guerre, mais aussi éduquer et développer l’identité nationale yougoslave[5]

Spomenik-neznanom-junaku-na-Avali

le mémorial du soldat inconnu à Avala

Le monument était construit en marbre noir, composé de deux escaliers monumentaux, conduisant aux entrées sud et ouest. À chacune d’entre elles, des cariatides vêtues des costumes typiques des différentes régions yougoslaves symbolisaient le caractère complexe de l’identité étatique. À l’entrée principale, celle de l’ouest, les deux cariatides étaient dans les costumes de Šumadija et Crna Gora, les deux régions majeures de l’espace national serbe. À l’entrée opposée se trouvaient les cariatides slovène et croate. Les quatre autres étaient dalmate, bosniaque, macédonienne et voïvodinienne. L’imagerie yougoslave était omniprésente et toute référence à la guerre elle-même singulièrement absente. Jugée par trop serbe, donc élément de discorde possible, la guerre ne trouva pas sa place dans ce panthéon laïque de l’identité yougoslave. Cette démarche prouve la volonté de recomposer et même d’effacer les identités existantes au profit d’une identité nouvellement créée, ou imaginée, par le souverain et un certain nombre d’intellectuels comme réponse à l’échec démocratique du Royaume des Serbes, Croate et Slovènes.

Cependant, même pendant la construction de ce panthéon laïque du yougoslavisme, la continuité de la mémoire serbe était assurée par la construction du cimetière serbe à Salonique, à Zejtinlik, commencée en 1926 et terminée en 1936. Le complexe monumental du cimetière militaire serbe abritait les tombeaux de 1 440 soldats serbes et réunissait les restes de 5 580 autres dans la crypte. Le mausolée et la chapelle étaient construits et décorés des fresques de style byzantin, selon les canons de l’Église orthodoxe. Malgré la volonté du roi, on est forcé de conclure que la société serbe restait toujours attachée à sa culture et à son identité forgées déjà avant la Grande Guerre. comme les romans de Jakovljević et la chapelle à Zejtinlik le prouvent.

Zejtinlik

la chapelle serbe à Zejtinlik

Le poilu serbe comme ancien combattant de la Yougoslavie communiste

La Yougoslavie de Tito est, elle aussi, née d’une conflagration mondiale à laquelle s’ajoutaient la guerre civile et les conflits nationaux. Les communistes fondaient leur légitimité sur leur victoire contre les nazis, mais aussi contre l’ancienne Yougoslavie créée par les poilus de la Grande Guerre. La mémoire de cette dernière se trouva donc non seulement supplantée par un autre événement fondateur, mais aussi reléguée aux oubliettes. Le bain de sang dont était marquée la fin du premier État commun des Slaves de Sud justifia l’utilisation de son histoire comme épouvantail dans les manuels scolaires. Une nouvelle histoire à fort caractère idéologique lui était opposée, où les poilus n’avaient pas leur place. Cependant, avec le relâchement idéologique des années 1960, la mémoire de la Grande Guerre commença à réapparaître. Encore une fois, c’étaient les poilus eux-mêmes qui étaient à l’origine de ce renouveau. L’association des diplômés serbes, engagés dans le bataillon des 1 300 caporaux, chercha, dès 1964, à trouver une place dans le système. La date n’était pas choisie au hasard, car il fallait marquer le cinquantième anniversaire de la bataille de Kolubara, où ils avaient été envoyés au front. Ils souhaitaient bénéficier des mêmes privilèges que les vétérans de la guerre de partisans de Tito. C’est pourquoi ils s’étaient adressés à la très conservatrice association officielle des anciens partisans, mais exclusivement en Serbie. Cette lecture s’accordait parfaitement avec l’interprétation traditionnelle de la Grande Guerre. Les vainqueurs cherchaient la reconnaissance et réclamaient une place de choix dans le panthéon national. La démarche choisie était plus que significative, car ils ne demandaient que le droit de faire une souscription pour ériger le monument à la gloire de leurs confrères à Rajac. Ils ne doutaient donc nullement du soutien populaire, car ils exigeaient seulement le droit de faire appel à la générosité des citoyens.[6]

L’enracinement profond de la mémoire de la Grande Guerre dans la mémoire collective serbe, auquel faisaient confiance les anciens caporaux, était démontré la même année par le succès du film Marš na Drinu (La Marche sur la Drina) du réalisateur Žika Mitrović. L’histoire était celle d’une batterie d’artillerie serbe engagée dans la bataille de Cer en août 1914. Les prouesses des hommes et le patriotisme des officiers ainsi que la victoire au prix des sacrifices communs composaient la formule qui réveillain styxtaii0'Arie auSd’artillerie serbe engagée dans la bataillee senie. La pelon l espyle lelemedus esficateulouhaiidentouha»août 191>

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